tantra tantravie

Un regard sur la vraie nature de l’homme !

Les hommes occidentaux sont définitivement en crise. Les jeunes hommes et les garçons plus particulièrement. Ils ne savent plus ce que cela veut dire ... d’être un homme, ne sont plus certains de vouloir conserver le rôle traditionnellement convenu de l’homme. Tout cela étant renforcé par le sentiment de vouloir s’éloigner du modèle du père ! Les plus âgés ne sont pas en reste. Ils sont à la recherche de leur vraie nature sauvage. Cette dimension sauvage totalement brimé par la société, en route à toute vitesse pour aller on ne sait où et avec on ne sait qui. Une sorte de castration sociale généralisée !

Une fissure dans la muraille ... Et cela ne fait que commencer ! La crise est évidente, les hommes perdent leur place sur le marché du travail et certains ne souhaitent même plus travailler. Les jeunes hommes échouent dans leur scolarité dans des proportions extrêmes et alarmantes..

Le grand responsable : le code de masculinité, ce code social, invisible, mais au combien pernicieux. Etre un vrai homme, peu importe comment c’est nommé, signifie : être capable de gagner sa vie tout seul, ne pas trébucher, être un protecteur, être un pourvoyeur et ne jamais démontrer que l’on souffre ou oser dire que l’on a besoin d’aide. Ce n’est pas surprenant qu’il y ait autant de dépressions. C’est une recette pour la dépression et surtout pour la nourrir. Un peu comme, quand on est au plus mal, on ne peut plus en parler à personne. Comme si il était inconcevable ou presque de se montrer vulnérable et faible. Que se soit au travail, dans sa vie privée ou sociale !

Les jeunes hommes sont plus que jamais dépressifs. Ils ont un comportement suicidaire cinq fois plus élevé que les jeunes femmes. Et chez les hommes adultes la proportion va de cinq à sept fois ... Observons que la première cause de mortalité chez les hommes entre 18 et 45 ans est le suicide !

Ce qui surprend le plus, est la difficulté des hommes à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, sur leurs émotions. Cette difficulté n’est pas de nature biologique. A la naissance les garçons expriment davantage leurs émotions. Ils ont plus d’empathie et d’attachement à leur mère que les bébés filles. C’est seulement à partir de l’âge de 10 ans que l'inversion s’opère. Ils connaissent, alors, 50 % moins de mots exprimant les émotions sauf en ce qui concerne le sentiment de la colère. C’est le résultat de cette pression sociale et plus particulièrement de ce fameux code de la masculinité.

Lorsque je suis questionné si l’atelier que j’anime “ Sexualité au Masculin “ est réservé à un public homosexuel, hétérosexuel. A chaque fois, je souris ... et me plais à répondre qu’il s’adresse bien à ces deux publics mais aussi aux bi-sexuels, aux moines ou aux ermites ! Il s’adresse, avant tout, à l’homme, quelles que soient ses orientations sexuelles. Car avant d’avoir porté un choix conscient ou inconscient sur son orientation sexuelle, il y avait tout simplement un homme dans sa totalité ! Bien avant la blessure ...

A voir le désœuvrement et la perte de repères de nombreux hommes au regard de trop ou pas assez de sexualité, un constat sans équivoque : encore trop d’hypocrisie ! Il y a un lourd bagage de frustration chez les hommes. Bien souvent la sexualité dans notre société est axée sur la performance et non sur l'amour. Elle sert à évacuer la colère, la frustration, l'angoisse, l'anxiété. Elle est devenue un jeu de pouvoir entre les sexes. Performance au travail, performance au lit, le plaisir a été évacué. La panne de désir est apparue, avec pour exutoire, les poupées gonflables, les vibrateurs, les clubs d'échangisme, les clubs sado-masochistes sans vouloir être exhaustif ...
Le pays des hommes constitue encore trop un lieu de guerres, de combats, de tranchées et de blessures. Même si en chaque homme, il y un sauvage qui sommeille, un loup affamé qui veut hurler à la lune et s'aventurer en pleine forêt, dans sa vraie nature, la rencontre entre hommes peut s’opérer dans un espace totalement différent et le vécu montre que c’est possible ! Le mythe de l’homme fort est toujours là. Mais lorsque s’agit d’abus sexuel des hommes ou de rencontre des hommes, entre eux, dans un espace privilégié sans connotation sexuelle, nous nageons encore en plein tabou !

Les hommes abusés sont très nombreux. En parler est tabou, hors du code de la masculinité. Un peu comme la violence physique et psychologique dont ils sont victimes ... Mais le dire et de plus à d’autres hommes, le partager entre gars est une toute autre affaire ! A t'on vu Rambow ou Arnold Schwarzenegger se faire abuser et pleurer à l’écran ? Pourtant partager avec d’autres hommes est le seul espace de guérison !

Je rencontre dans les groupes d’hommes, des hommes qui me disent avoir construit un barrage depuis de nombreuses années autour de leur vulnérabilité et de leurs peurs. Néanmoins la fissure est évidente et c’est sur cette fissure qu’il faut opérer. Les moments de rencontre entre hommes dans leur nature profonde sont beaux, bons, bienveillants et généralement les plus marquants qu'ils leur aient été donnés de vivre. Ces kieux sont rares, malheureusement. Mais ils existent !

Agressés sexuellement, souvent en bas âge, menacés psychologiquement et paralysés par la peur, beaucoup d’hommes se sont tenus très loin de la compagnie des hommes par la suite, à la fois honteux, animés d'un fort sentiment de culpabilité et aussi du sentiment de ne pas appartenir à la race des hommes, de ne pas être l'un des leurs, de ne pas être à la hauteur.

En réaction et par protection ils sont se sont dirigés vers les femmes, se sont servies d'elles comme paravents pour se protéger des autres hommes qu’ils désiraient rejoindre, de qui ils voulaient être consolés, rassurés et aimés. Ils découvrent, avec le recul, avoir perdu de longues années de leur vie à protéger leur souffrance et à ainsi construire leur propre prison.

Mais la découverte est fulgurante une fois la porte du partage ouverte. La vie démontre que l’homme qui ose s'avancer vers les autres hommes, dans un espace protégé, découvre des bras s'ouvrir devant lui. Oser rejoindre un groupe d'hommes demande infiniment de courage. Des flots de larmes sont souvent relâchés, mais cela permet de se laisser emporter par la rivière ! Et la rivière va toujours à l’océan ...

Souvent ces hommes témoignent qu’ils n’auraient jamais cru que cela fût possible en quelques heures à peine, qu’ils puissent être capable de plonger dans le regard d'un homme, de se mettre ainsi à nu, à la fois réellement et métaphoriquement, de s'immerger dans un flot des larmes, dans les émotions, le toucher et entrer ainsi dans l’intimité sans prendre la fuite, sans s'échapper. Pas besoins de mots pour rencontrer. Qu'une telle chose ait été rendue possible, en peu de temps, leur paraît miraculeux. Et pourtant !

La plupart des hommes ont peur de la rencontre avec les femmes, de les allumer, plein feux ! Ils ne comprennent pas la vraie nature du cadeau ... qui demande pour le recevoir de disparaître. Rares sont les sherpas qui peuvent aider à atteindre le sommet, en se réjouissant de la relaxation sur les plateaux ... La plupart des hommes tombent dans la première crevasse, au début de l'ascension ... ou se sauvent quand l'intensité se libère ... peur viscérale, bien réelle de la mort ... peur d'être dévoré, englouti ... peur de la castration, peur de ne pas être à la hauteur ...

Il n’existe aucune initiation à la vie d’homme dans notre monde occidental. Il n’existe aucun rites de passages, au combien nécessaire pour marquer les étapes clefs du chemin de l’homme. Aucune initiation à la vraie sexualité masculine. Tous ont appris, découvert par le jeu “ essais - erreurs “ avec beaucoup d’erreurs, sans parler des blessures originelles et accumulées qui faussent d’emblée chaque début de partie !

En s'ouvrant au féminin en lui, en faisant la paix avec le féminin, l'homme aussi s'ouvre à son instinct, son senti : la force du guerrier, appuyée sur la sensibilité devient pacifique : il recherche l'équilibre, l'harmonie, il ne part pas en guerre inutilement, porté par sa colère aveugle. Valeurs de flexibilité et tolérance s'installent, la clarté s'installe. Son action devient consciente et juste. Le lâcher prise est la porte d'entrée, la force d'amour ressentie va générer l'état de confiance nécessaire à l'ouverture de la porte !

Se permettre de découvrir l’amour dans la rencontre à l’ homme ou à la femme. Aimer, consiste à apprendre à créer de la beauté à tous moments, en toutes situations. Vivre l’amour, sans compter, sans rien attendre pour enfin goûter l’essentiel de sa vie !
Un chemin pour cela : réconcilier sexe, cœur et spiritualité en une seule dimension. Il va s’agir de restaurer et d’assumer son potentiel orgasmique en abandonnant une fois pour toute l’idée de vitesse, de performance. C’est à cette condition, et seulement à cette condition, que votre corps peut devenir ou redevenir le “Temple” et votre sexe sa “Porte Sacrée” ! Pour cela, accepter de prendre le temps de la transformation par l’éveil de des sens, la relaxation et le lâcher–prise. Il va s’agir de se réconcilier avec le corps, dans le présent, pour réparer les blessures du passé. Réparer les blessures du passé, c’est ne pas s’y attarder. Il n’y a pas d’autre esclavage dans la vie que celui du passé. Car celui qui est libre du passé est libre. Parce que seul le passé est cause du futur. Le passé insatisfait cherche toujours sa satisfaction dans le futur !
L'homme a besoin d'initiation à la vraie nature du masculin, fait de force et de sensibilité. L'homme a besoin de retrouver la fierté de sa nature "sauvage" et la liberté de ses érections portées par l'élan de vie. L'homme a besoin de l'homme pour nourrir, reconnaître le masculin, pour guérir et se dégager de l'emprise du féminin, de sa blessure. L'homme a besoin d'être maître de lui-même pour se donner naissance ... avant de pouvoir rencontrer la femme ou l’homme dans l'intimité, il a besoin de trouver le chemin de la liberté qui le ramène à lui-même, en paix avec l'énergie solaire du père. Etre un homme, sortir une fois pour toute de l’aveuglement pour retrouver enfin sa légèreté !

 


La sexualité sacrée ou l’alchimie du plaisir !

Tantra et extase, il ne s’agit pas de tantra colorés, rouge, blanc, vert, jaune ... juste l’essence ! Un espace de transformation et de guérison

La sexualité évolue avec la conscience ; il est grand temps de se libérer de l’équation judéo-chrétienne pour s’ouvrir à une vison plus naturelle où l’énergie sexuelle est intégrée comme un élan vers le divin, la lumière. Base de la vie et de notre vitalité, l’énergie sexuelle est le centre de la racine de l’arbre de conscience Par le sexe, notre corps s’enracine dans la terre et se nourrit à travers le plaisir qu’il ressent. L’absence de plaisir nous isole et nous coupe de la vie. Nos cinq sens sont nos portes ouvertes sur le monde, ils nous orientent vers la dimension sacrée du plaisir.

Le plaisir crée une alchimie propice, il nous rend disponible à la beauté, à l’amour. La joie océanique de l’orgasme mobilise l’être dans son entier : le sexe est le point de départ, mais la résonance vibratoire touche le coeur et les émotions, éveille l’amour. L’être s’amorise, un pont relie le sexe et le coeur. Le feu de l'énergie vitale se dégage alors de la génitalité pour aller vers la conscience, et nous “illuminer” de l’intérieur.

De la joie simple à l’extase

Le plaisir a des degrés, chaque degré est une étape sur la voie de la spiritualité ; le chemin de l’extase commence là où se trouve la joie simple. Lancés à toute vitesse sur les rails d’un bonheur futur, nous passons à côté de la joie simple. Dans un élan de survie, reprenons contact avec la terre .... Loin de la nature, l’être humain devient dénaturé, oublie son essence, s’éloigne de lui-même.

Dans un élan de survie, renouons avec le plaisir et le besoin essentiel d’amour. Il est encore temps de s’arrêter et de s'asseoir pour écouter un oiseau chanter, sentir un arbre mourir, s’éveiller à la souffrance de la terre, à notre souffrance intérieure, Retrouvons le chemin de la guérison de l’âme, ouverte à tant de beauté. Apprenons à voir avec les yeux de notre coeur; le sourire d’un enfant nous parle de cette beauté simple quotidienne. Elle coule dans nos larmes et retentit dans nos rires. Elle s’envole avec un oiseau et s’élance vers le ciel. Elle s’épanouit dans le coeur velouté d’une rose ... Elle est ici et maintenant, offerte à notre sensibilité, lorsque nous prenons le temps de goûter.

La sensualité se cultive au quotidien. Si nous avons laissé nos sens s’endormir, il est encore temps de les sortir de leur léthargie, en les exerçant tout simplement. Gardons l’esprit en forme, nourrissons notre aptitude naturelle au plaisir, le niveau vibratoire d’un organisme est très élevé. Il éloigne de la maladie, la dépression et renforce le champs magnétique du corps humain.

Le corps est le Temple

La honte, la culpabilité, la peur emprisonnent et nous empêchent de le voir comme un temple. Les inhibitions élèvent la barrière qui nous coupe du plaisir et du corps. L’âme prend chair et s’individualise dans le corps. Une relation d'acceptation et d’amour pour notre véhicule terrestre crée un lien harmonieux avec la terre et donne à l’esprit une meilleure chance de profiter de son incarnation.

Arrêter-vous quelques instants ... Fermez les yeux ... Imaginez cet océan d’amour et de lumière qui baigne chacune des cellules de votre corps et le régénère. Relaxez-vous, en goûtant à la qualité vibratoire de cette vie qui anime votre corps -matière et le rend disponible au plaisir. L’imagination a le pouvoir de modifier la vision et de l’élargir. La perception de notre corps comme un temple permet de l’habiter avec bonheur, de sentir de l’intérieur sa beauté, sa grâce naturelle. Elle redonne redonne au corps sa dignité et ses racines profondes dans la terre. Il n’est plus un obstacle mais un véhicule pour l’extase. A partir de cette relation privilégiée, l’être humain retrouve son ancrage, sa confiance.

La Sexualité Sacrée

La vie humaine se résume en trois expériences culminantes : la naissance, l’orgasme la mort - toutes les expériences initiatiques s’apparentent à ces trois grands passages. Dans ces moments clefs, la force de la pulsion biologique nous oblige à lâcher prise. Dans ce lâcher-prise, à cause du bouleversement qu’il entraîne notre conscience peut s’ouvrir et nous guider au-delà des limites corporelles et du mental. De ces trois expériences seul l’orgasme a la possibilité de se répéter au cours d’une vie, c’est un moment précieux !

Il est un accès direct à la dimension énergétique de notre être, une porte vers la conscience. L’acte sexuel engendre la vie et participe au mystère. L’union de l’homme et de la femme dans l ‘amour crée une résonance entre le sexe et le coeur, dans cet instant sacré. Les partenaires ne font plus l’amour, mais l’amour se fait à travers eux. Ils sont initiés au mystère de la vie.

Cette conscience et cette présence au moment de l’acte sexuel, la reconnaissance de son caractère sacré, nous permet de franchir les frontières de la génitalité et de vivre l’expérience fusionnelle de l’union avec l’univers. Le plaisir déploie ses ailes et prend alors son essor vers l’extase.

La femme a la clef, à l'intérieur d'elle même, mais elle ne le sait pas, parce qu'elle n'a pas été initiée. Et donc elles restent dépendantes des hommes et limitées dans leur puissance orgastique, parce que la plupart des hommes ont peur de la rencontre avec les femmes, de les allumer, plein feux ! Ils ne comprennent pas la vraie nature du cadeau ... qui demande pour le recevoir de disparaître. Rares sont les sherpas qui peuvent aider à atteindre le sommet, en se réjouissant de la relaxation sur les plateaux ... La plupart des hommes tombent dans la première crevasse, au début de l'ascension ou se sauvent quand l'intensité se libère. Peur viscérale, bien réelle de la mort, peur d'être dévoré, d’être englouti, peur de la castration, peur de ne pas être à la hauteur ...

Il n’existe aucune initiation à la vie d’homme dans notre monde occidental. Il n’existe aucun rites de passages, au combien nécessaire, pour marquer les étapes clefs du chemin de l’homme. Aucune initiation à la vraie sexualité masculine. Tous ont appris, découvert par le jeu “ essais - erreurs “ avec beaucoup d’erreurs, sans parler des blessures originelles et accumulées qui faussent d’emblée chaque début de partie !

Un rite de passage est aussi nécessaire à la femme pour reconnaître la vraie nature du féminin et découvrir sa nature orgasmique,à travers le miroir des autres femmes. Elle aussi doit rencontrer "la femme sauvage" et découvrir la puissance de sa nature instinctive,qui lui permettra de guérir en reprenant contact avec la Terre mère et tous les éléments. Réconciliée avec le féminin, elle retrouvera son rôle d'initiatrice et s'épanouira enfin dans la dimension psychique de son être, libre de sa peur d'être brûlée vive, ou torturée, comme sorcière, pour avoir parlé, avec son senti, avec son coeur de femme, pour s'être dévoilée dans son essence, en contact avec cette puissance guérissante qui permet à son coeur de rayonner et qui lui permet d'être différente.

La force féminine trouve sa source dans le chaos. Par nature la femme est une passeuse, elle donne naissance dans les deux dimensions : elle accompagne la vie et la mort. En s'ouvrant au féminin en lui, en faisant la paix avec le féminin, l'homme aussi s'ouvre à son instinct, son senti : la force du guerrier, appuyée sur la sensibilité devient pacifique : il recherche l'équilibre, l'harmonie, il ne part pas en guerre inutilement, porté par sa colère aveugle. Valeurs de flexibilité et tolérance s'installent, la clarté s'installe. Son action devient consciente et juste.

En contact avec la femme sauvage, la femme peut rencontrer l'homme, dans sa puissance et arrête d'en avoir peur ...

Homme et femme prenons la responsabilité de guérir la dépendance pour s'ouvrir à l'espace de liberté où le masculin et le féminin cheminent ensemble en harmonie et s'enrichissent dans la découverte de la complémentarité, apprenons à créer ensemble à partir de nos forces respectives, un monde où il y a un peu plus de beauté, d'amour, de simplicité !

 


Le troisième âge de la femme ... Ou l'âge de la "folle" sagesse et de la liberté d'être.

A l'aube de mes cinquante ans, je venais de m'éveiller avec la mémoire d'un rêve. Il est le point de départ inconscient de mon voyage vers l'inconnu. Je pressentais le passage, je veux dire mes cinquante ans, comme une mort, un point tournant dans ma vie. Dans la tradition hindou, le temps de rêve est un temps de repos où l'être humain baigne dans l'océan de la conscience, retourne s'abreuver à la source...un espace de méditation "obligatoire" en quelque sorte, pour pallier à notre nature "écervelée". A travers ce rêve, mon âme de gypsie réclame son droit à la liberté et la femme "sage", je veux dire "raisonnable" est confrontée à la vagabonde. La sauvage attendait depuis un demi-siècle,au détour d'une nuit, pour me souffler à l'oreille un vent de liberté: il a bouleversé ma vie!

La gueuse, à travers l'imaginaire, elle remettait en question, mon confort, ma carrière, le petit paradis sécurisant dans lequel j'évoluais avec bonheur,ce que je connaissais de moi ! Elle m'éloignait aussi de mon bel amour,elle était affamée de solitude,d'espace... Ce matin là je sortais de ma chambre un peu hébétée : la montagne entrait dans le salon par les grandes fenêtres, et le soleil inondait de lumière la mémoire vive du rêve. Je m'affalais dans un fauteuil. Je regardais par la fenêtre, la galerie, le jardin et de l'autre côté de la clôture, les arbres de la forêt. Cette vue m'avait fait choisir la maison,et voilà que je me sentais prisonnière de cette maison à cause d'un rêve : dans ma tête j'entendais le hurlement des loups qui m'appelaient et m'invitaient à les suivre, cette nuit, de l'autre côté de la clôture, de la galerie, je les voyais s'éloigner dans la forêt. La lumière était bouleversante, comme la clarté qui se faisait dans mon coeur. Il pleurait la beauté du sauvage,la liberté que les loups me montraient. Je levais les yeux vers ce soleil,cette force qui naissait en moi aussi. Elle prenait la forme d'un aigle qui fondait sur moi et venait s'abattre sur mon épaule pour me signifier que le temps était venu d'aller chercher la "Vision",de partir pour l'inconnu. Mon coeur, à travers l'aigle, venait de recevoir le courage d'obéir à la soif de mon âme. Il ne me restait plus qu'à faire confiance et préparer ce voyage. Le temps est venu de partir,de quitter le jardin et de l'ouvrir sur le monde. Je suis partie pour me rencontrer, j'avais besoin de perdre mes points de repères habituels,de ne plus rien savoir.

Qui suis-je ? Si je ne suis pas ce que je fais, ce que je crée, ce que je pense.
Qui suis-je ? Si je ne suis pas " mon monde ".

Je suis partie avec une question, et j'ai donné toute la place à mon rêve. Depuis sept mois, le voyage m'a fait découvrir le Nord de l'Inde, une partie des Himalayas, le Népal. Je voyage à mon goût, seule, sans plan précis... Cette liberté m'enchante, j'ai compris très vite que ce n'est plus moi qui décide où je vais, mais la vie qui m'emmène où je dois être ! Quel plaisir et quel repos de ne pas choisir : les difficultés se transforment en défis, amusants à relever et je découvre ma force et la capacité que j'ai à me sortir des situations les plus invraisemblables. Cet inconnu quotidien attise ma passion et dans la joie de découvrir je vois grandir jour après jour, ma capacité d'émerveillement. C'est elle qui prend le dessus sur les préjugés, les jugements : une vision plus large qui a sa source dans le coeur, émerge. Cette nouvelle façon de voir libère une joie immense, le présent est apprécié, goûté, vécu avec tendresse.

La vie est précieuse comme une grâce accordée à chaque jour. Elle s'exprime dans toutes les dimensions, imprévisible, sauvage, étonnante. Avec délice je m'abandonne au mystère et la misère de la victime, les récriminations de l'inassouvie, la colère de la frustrée, les doléances de la harpie font place à un sentiment de gratitude, une implosion de joie qui rejaillit en rires, en amour. C'est le point de départ d'une nouvelle saison dans ma vie et quelle saison !

Ma logique y perd au profit de mon instinct, et la peur de vivre, d'aimer, se transforme en excitation, la confiance renaît, une confiance innée : je peux m'abandonner au plaisir de vivre et vivre aussi la mort ! Mon pèlerinage commence ici, les pieds nus dans l'eau, face au soleil couchant, seule. D'instinct je me penche et ramasse l'eau au creux de mes paumes et la verse tout doucement sur mon visage. Chaque goutte est une fête pour mes sens, avec les larmes la joie coule. La joie d'être là, d'avoir eu le courage de faire ce voyage ... et je danse pour toutes ces femmes qui m'ont précédées dans leur courage et je danse pour toutes celles qui hésitent ! ...Victoire. Ma Premo

 

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